Nous sommes épuisés…DeDefensa.

Je n’ai pas l’habitude d’utiliser ce Journal-dde.crisis pour suivre les chemins de l’actualité immédiate, péremptoirement et en prenant la place des autres rubriques. Ce n’est pas sa fonction ; pourtant cette fois je passe outre puisque je veux dire quelques mots sur Bruxelles et ses attentats et que je sais bien qu’“il n’y a rien à dire, ni de Bruxelles ni de l’Europe” qui doive se situer dans le cadre du travail habituel, de l’analyse politique, du commentaire rationnel, de la spéculation et du rangement historiques… Pour l’instant, je veux m’en tenir à des impressions, des perceptions, sans leur donner de valeur fondamentale d’analyse mais en les proposant comme habillées d’un caractère symbolique dont j’espère qu’il sera perçu comme ayant un sens.

Je n’étais certes pas à Bruxelles hier, ermite comme je suis, replié sur mon lopin de terre. Mais j’ai eu quelques échos de proches, d’amis, qui m’ont décrit le spectacle sinistre, lugubre et terrifiant qui régnait en fin de journée dans ces grandes artères toutes droites, tracées au cordeau et à l’équerre, enserrées dans d’immenses immeubles flambants neufs, de ce qu’ils nomment “le quartier européen” où se trouve la station de métro, ces grandes artères interdites de circulation, désertes, comme abandonnées et comme d’une ville morte d’après la Fin des Temps, et pourtant résonnant encore des bruits des attaques du matin… L’un d’eux, parmi ces amis, est passé, à la tombée de la nuit, près de cette station de métro où avait eu lieu l’explosion et il a pu voir par terre des traces de sang, des débris de vêtements, quelques-uns des restes des instants de secours d’urgence du matin. Il y eut le frisson de l’abattement et du dégoût.

Malgré les scènes qui suivent immédiatement les attentats, dont certaines ont été diffusées et rediffusées comme c’est toujours le cas, ce ne sont ni la panique ni le mouvement et le bruit que je retiens, moi, mais le sentiment écrasant de quelque chose de terrible qui pèse sur nos épaules, – je dis “nos”, parce que moi-même, comme par la transmission des émotions et des perceptions, j’ai ressenti ce poids dont quelques voix amies étaient chargées sans qu’elles le réalisent peut-être. Même la présence des forces diverses de sécurité, des soldats aux pompiers, ne donnaient justement aucun sentiment de sécurité mais ne faisaient que rajouter à l’angoisse diffuse et effectivement écrasante, presque comme une mesure d’une futilité grotesque. Peut-être étaient-ils aussi désarçonnés que les autres…

 

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