Archives pour la catégorie Syrie

618 – Tous les pays où les États-Unis ont une présence militaire — Sans à priori

L’OMNIPRÉSENCE AMÉRICAINE DANS LE MONDE 11 avril 2015 Par comparaison, la Russie a des bases dans 10 pays Le 24 mars 2015, le Président des États-Unis Barack Obama a annoncé que les 9 800 soldats américains actuellement stationnés en Afghanistan y resteront jusqu’à la fin de 2015. Cela a généré une bonne quantité de critiques : […]

via 618 – Tous les pays où les États-Unis ont une présence militaire — Sans à priori

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Nous sommes épuisés…DeDefensa.

Je n’ai pas l’habitude d’utiliser ce Journal-dde.crisis pour suivre les chemins de l’actualité immédiate, péremptoirement et en prenant la place des autres rubriques. Ce n’est pas sa fonction ; pourtant cette fois je passe outre puisque je veux dire quelques mots sur Bruxelles et ses attentats et que je sais bien qu’“il n’y a rien à dire, ni de Bruxelles ni de l’Europe” qui doive se situer dans le cadre du travail habituel, de l’analyse politique, du commentaire rationnel, de la spéculation et du rangement historiques… Pour l’instant, je veux m’en tenir à des impressions, des perceptions, sans leur donner de valeur fondamentale d’analyse mais en les proposant comme habillées d’un caractère symbolique dont j’espère qu’il sera perçu comme ayant un sens.

Je n’étais certes pas à Bruxelles hier, ermite comme je suis, replié sur mon lopin de terre. Mais j’ai eu quelques échos de proches, d’amis, qui m’ont décrit le spectacle sinistre, lugubre et terrifiant qui régnait en fin de journée dans ces grandes artères toutes droites, tracées au cordeau et à l’équerre, enserrées dans d’immenses immeubles flambants neufs, de ce qu’ils nomment “le quartier européen” où se trouve la station de métro, ces grandes artères interdites de circulation, désertes, comme abandonnées et comme d’une ville morte d’après la Fin des Temps, et pourtant résonnant encore des bruits des attaques du matin… L’un d’eux, parmi ces amis, est passé, à la tombée de la nuit, près de cette station de métro où avait eu lieu l’explosion et il a pu voir par terre des traces de sang, des débris de vêtements, quelques-uns des restes des instants de secours d’urgence du matin. Il y eut le frisson de l’abattement et du dégoût.

Malgré les scènes qui suivent immédiatement les attentats, dont certaines ont été diffusées et rediffusées comme c’est toujours le cas, ce ne sont ni la panique ni le mouvement et le bruit que je retiens, moi, mais le sentiment écrasant de quelque chose de terrible qui pèse sur nos épaules, – je dis “nos”, parce que moi-même, comme par la transmission des émotions et des perceptions, j’ai ressenti ce poids dont quelques voix amies étaient chargées sans qu’elles le réalisent peut-être. Même la présence des forces diverses de sécurité, des soldats aux pompiers, ne donnaient justement aucun sentiment de sécurité mais ne faisaient que rajouter à l’angoisse diffuse et effectivement écrasante, presque comme une mesure d’une futilité grotesque. Peut-être étaient-ils aussi désarçonnés que les autres…

 

Email de Clinton: Assad doit être renversé pour protéger Israël (Press TV)

Email de Clinton: Assad doit être renversé pour protéger Israël Press TV   Tandis qu’Hillary Clinton se rapproche de la victoire dans les primaires démocrates, WikiLeaks a compilé les emails d…

Source : Email de Clinton: Assad doit être renversé pour protéger Israël (Press TV)

531-Vladimir Poutine, Maestro mondial de la géopolitique !

Sans a priori

2016.03.21 kremlin 2images

Publié le 16 mars 2016 par Copyright: toute reproduction des articles doit mentionner le nom de Hildegard von Hessen am Rhein.

Il est urgent que l’UERSS fasse pression sur les États Islamiques pour accueillir ces populations musulmanes qui ne s’intégreront jamais en Occident. Leur assimilation étant une vue de l’esprit. Me vient la réflexion suivante. Lorsque le Liban était en guerre, avons-nous vu des flots de réfugiés arriver vers nous ? Non ! Ils restaient dans leur pays pour combattre. Les images filmées par drone de RT sont effrayantes, en lien !

Ce flot migratoire est dû à la politique des néocons de Washington. Comme Washington ne sait mettre aucun terme à ses propres erreurs et turpitudes, que c’est le Président Russe qui règle les problèmes en Maestro et qu’il se trouve qu’il les a réglés avec un certain succès avant de se retirer, car, fin limier qu’il est, il ne…

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Le mensonge, la nausée, les sanctions

Le mensonge, la nausée et les sanctions        Via Comité Valmy.

Le pire ministre des affaires étrangères jamais offert à la France a déguerpi. Il laisse derrière lui une diplomatie ruinée, décrédibilisée et démoralisée : seraient-ils les meilleurs de la planète, nos diplomates ne peuvent faire de miracles lorsqu’ils sont amenés à ne défendre que des dossiers indéfendables, qui les placent systématiquement du mauvais côté de l’Histoire. C’est là que le bât blesse.
Le départ d’un ministre aussi étranger aux affaires étrangères, qui ne se réveillait qu’au nom de Bachar al Assad, ne fera guère pleurer que lui-même et ses complices. Mais les optimistes inoxydables, inondés d’espoir l’espace d’un adieu, devraient se méfier : si le pire n’est jamais sûr, le meilleur l’est encore moins.
Le partant était un pilier du « groupe des Amis de la Syrie », dont la liste des Etats membres illustrait alors parfaitement la sentence bien connue : avec de tels amis, plus besoin de se chercher des ennemis. Reprenant le flambeau brandi par la France lors du rezzou de l’OTAN sur la Libye, Fabius a tout fait pour propulser notre pays à l’avant-garde des va-t-en guerre de la vertueuse « communauté internationale ». N’est-ce pas lui qui, mi-dépité mi-gourmand, estimait en juillet 2012 qu’il « reste encore quelques renforcements possibles en matière de sanctions », insistant pour que la Grèce cesse d’importer du phosphate syrien ?
Le club Elisabeth Arden (Washington, Londres, Paris), qui prétend depuis un quart de siècle incarner la « communauté internationale », s’est transformé au fil des dernières années en un directoire de pères fouettards ayant pour inspirateurs les néoconservateurs de « l’Etat profond » des pays d’Occident et d’ailleurs, et pour alliés privilégiés les régimes moyen-orientaux les plus portés sur la flagellation. En 2011, après l’Irak, le Soudan, l’Afghanistan, la Somalie, la Palestine, la Yougoslavie, l’Iran ou l’Ukraine et quelques autres, nos pères fouettards, pourtant bien absorbés par leur tâche du moment (protéger les populations civiles de la Jamahiriya libyenne en les bombardant, avant de liquider physiquement Kadhafi – NDLR), vont réserver à la Syrie un traitement de choix. C’est ainsi que les sanctions vont pleuvoir en giboulées dès les premiers beaux jours.
En juillet 2012 (on taira par décence le nom du journal et ceux des journalistes), une vidéo apparaît sur le net avec un titre en forme de question qui tue : « A quoi servent les sanctions contre la Syrie ? » Celle-ci, note le commentaire écrit, « fait depuis plus d’un an l’objet de mesures de rétorsion de la part de la communauté internationale, avec un succès mitigé ». Il faut « punir et étouffer économiquement le régime de Bachar al Assad, qui réprime dans le sang ses opposants : tel est l’objectif ». On n’aura pas fini d’entendre cette rengaine.

Notre vidéo précise que, le 23 juillet 2012, l’Union Européenne a adopté un nouveau train de sanctions, pour la 17ème fois en un an (sic). Elle rappelle que les Etats-Unis, le Canada, l’Australie, la Suisse, la Turquie et la Ligue Arabe (kidnappée par le Qatar et les régimes du Golfe) ont pris des mesures équivalentes.
Sans dresser une liste interminable des sanctions imposées, renouvelées et renforcées les années suivantes, il n’est pas inutile de rappeler au passage, à l’attention des distraits, des ignorants ou des bonnes consciences, le script général du chef-d’œuvre des dirigeants occidentaux et de leurs bureaucraties sadiques :

- 1/ D’abord viennent les sanctions classiques « de mise en situation » par le Conseil de Sécurité, prises en mai 2011 :
Les premières mesures prises par l’Union Européenne concernent la mise au ban (refus de délivrer des visas) et le gel des avoirs de 150 personnalités du « régime syrien ».
Par ailleurs, une cinquantaine de sociétés « soutenant le régime » sont soumises à boycott dont cinq organismes militaires, conformément à l’embargo adopté « sur les exportations d’armes et de matériel susceptible d’être utilisé à des fins de répression ». Il est ainsi interdit d’exporter vers la Syrie des équipements, des technologies ou des logiciels destinés à surveiller ou intercepter des communications sur Internet ou les téléphones.

- 2/ Le 10 août 2011, le gouvernement américain prend des sanctions économiques contre les sociétés de télécommunication syriennes et les banques liées à Damas, empêchant les citoyens étatsuniens de mener des affaires avec la Banque commerciale de Syrie, la Banque syrienne libanaise commerciale ou Syriatel. Les avoirs de ces sociétés aux États-Unis sont gelés, autant dire volés. Hillary Clinton annonce dans la foulée un embargo total sur les importations de pétrole et de produits pétroliers en provenance de Syrie. Imitant aussitôt ses maîtres, l’Union Européenne décide de plusieurs trains de sanctions supplémentaires, y compris un embargo sur le pétrole.
La dernière salve visera à réduire les échanges commerciaux afin de finir d’asphyxier l’économie du pays.

- 3/ Viendront ensuite les sanctions diplomatiques (rappel des ambassadeurs en consultation) décidées dès l’automne 2011, après le double véto russo-chinois sur le projet de résolution islamo-occidental visant à provoquer en Syrie un processus à la libyenne. Les Etats-Unis ayant rappelé de Damas leur ambassadeur du troisième type, plusieurs Etats de l’Union Européenne rappellent les leurs.
Juppé rappellera le sien une première fois le 17 novembre 2011 : « erreur fatale » pour le ministre ordinateur. Après un faux retour, ce sera le départ définitif en février 2012. Nommé en mai 2012, Fabius fera encore mieux : à peine intronisé, il expulsera l’ambassadrice de Syrie à Paris, ayant oublié que cette dernière est également représentante auprès de l’UNESCO et qu’il ne peut la contraindre au départ.

- 4/ En 2012, ce sera la fermeture de la compagnie aérienne « Syrianair » à Paris, puis l’interdiction de toute liaison aérienne entre la France et la Syrie et, plus généralement, entre les capitales européennes et Damas. Etc…

Hélas, se lamentent des experts pleins d’onction et de componction, tout le monde n’est pas d’accord pour mettre en place un embargo, ce qui en limite la portée. La belle unanimité qui, de 1991 à 2011, a rassemblé les cinq Permanents du Conseil de Sécurité autour des trois Occidentaux n’existe plus et c’est un élément déterminant qui permet de briser l’arrogance et la toute-puissance des puissances atlantiques. Des doigts accusateurs pointent « certains pays qui ne jouent pas le jeu ? (sic). Mais est-ce bien un jeu ? La Russie et la Chine soutiennent le gouvernement et l’Etat syriens : ils seront priés de « rejoindre la communauté internationale » (sic). La Syrie peut également compter sur l’aide multiforme de son allié, l’Iran, mais celui-ci est déjà sous lourdes sanctions. D’autres pays, comme le Brésil, ne soutiennent pas les Occidentaux ? En outre, certains Etats traînent les pieds au sein de l’Union Européenne, et les accrocs aux engagements pris contre Damas se multiplient.

Ce blocus qui asphyxie progressivement la Syrie est certes difficile à mettre en œuvre, mais que nos perfectionnistes se consolent : il est indéniable que les résultats escomptés sont là. Après cinq années de sanctions et d’acharnement collectif, le peuple syrien est épuisé et vit dans des conditions terrifiantes. Nos grands dirigeants, si bons et si pudiques, ne connaissent-ils pas la vérité, non pas celle de leurs protégés émigrés qui vivent au chaud ou au frais à l’ombre de leurs protecteurs, mais la vérité des habitants qui ont tenu bon dans leur pays. Loin du paradis de la révolution auquel les premiers feignent de croire, loin du paradis auquel aspirent les djihadistes démocratiques et les terroristes modérés, c’est un enfer que vivent les Syriens de la Syrie réelle, un enfer qu’ils doivent au fanatisme de leurs « libérateurs » et de leurs alliés turcs ou arabes ainsi qu’au sadisme de l’« Axe du Bien », parrain des terroristes et grand déverseur de punitions devant l’éternel.

Les sanctions sont parvenues à détruire un pays qui était plutôt prospère, quasiment sans endettement, autosuffisant pour l’essentiel de ses besoins et globalement bien parti. Elles ont fini par entamer le tissu national syrien, soudé par une tolérance « laïque » assez exemplaire, sans réussir toutefois à le déstructurer. Le but de ce politicide était (et reste toujours) de démoraliser les populations, en les amenant à perdre confiance dans la légitimité de leur Etat, de leur gouvernement, de leurs dirigeants, de leurs institutions, de leur armée, tout en leur donnant l’illusion que l’Occident est heureusement là pour les « sauver du tyran qui les massacre » et accueillir en son sein les réfugiés et les transfuges.
Le terrible bilan enregistré en Iraq – un million et demi de morts, dont 500 000 enfants – est là pour rappeler que les sanctions sont une arme de destruction massive, utilisée avec un total cynisme par les « maîtres du monde ». Pour Madeleine Albright évoquant sans doute des « dégâts collatéraux », « cela en valait la peine ». On voit le résultat.

En Syrie, les « punitions » occidentales ne sont pas mieux intentionnées. Elles visent à mater un peuple résistant et à le forcer à accepter la fatalité d’un changement de régime, ou bien à l’amener à fuir ou à déserter…Quitte à saigner le pays de sa jeunesse déjà formée, de ses cadres aspirant à vivre mieux dans un climat de paix…Quitte à faire de ces réfugiés un peuple de mendiants, à la merci des trafiquants de toutes spécialités : en témoignent ces femmes et enfants installés la nuit au coin des boulevards parisiens par des équipes inquiétantes.
Depuis cinq ans, nos politiciens combinards, nos journalistes complaisants, nos intellectuels perdus ou dévoyés participent, à quelques exceptions près, à l’énorme conspiration du mensonge qui fait passer la Syrie souveraine et légale pour usurpatrice et massacreuse, et ses agresseurs et leurs parrains, orientaux ou occidentaux, pour des libérateurs révolutionnaires. Outre l’horreur et l’effroi que soulèvent les images de cette guerre sauvage, comment ne pas avoir la nausée devant l’aveuglement, volontaire ou non, de nos élites qui préfèrent donner du crédit aux mensonges de leurs alliés et protégés criminels plutôt qu’aux témoignages innombrables des victimes qui désignent sans ambigüité leurs bourreaux ? Comment ne pas avoir la nausée devant cette complicité assumée, à peine camouflée par une omerta systématique ? Comment enfin ne pas frémir devant cet aplomb et cette bonne conscience bétonnée de nos faiseurs d’opinion ?

La solution ne consiste pas à accueillir en Europe les réfugiés que l’on a d’une façon ou d’une autre créés en alimentant la guerre universelle d’agression et le djihad en Syrie. Il faut lever immédiatement, sans délai et sans conditions, les sanctions qui sont destinées à briser tout un peuple. Il faut mettre fin à la guerre et non en décupler l’impact par les moyens minables, sournois et iniques que sont les sanctions à la mode occidentale.

Il faut rendre justice à ce peuple martyrisé et humilié. Et la plus élémentaire des justices, la première, est de ne plus couvrir d’un voile de vertu les criminels féroces qui cherchent à détruire au nom de l’intolérance la Syrie tolérante. Elle implique également de ne plus cautionner les impudeurs des maîtres fouettards qui punissent en toute impunité avec la morgue des arrogants. Assez de mensonges, assez d’hypocrisie, assez de leçons.

Répétons-le, il faut lever les sanctions criminelles et scélérates qui tuent la Syrie et son peuple. Ni dans un mois, ni dans un an, mais maintenant. Ce n’est pas une question de diplomatie, c’est une affaire d’honneur, et la France s’honorerait en prononçant, pour sa part et à titre national, la levée des sanctions.

Le 22 février 2016
Michel Raimbaud, ancien Ambassadeur de France
Mise en ligne CV : 22 février 2016

L’état islamique perd il Rakka?

L’état islamique serait-il en train de
perdre sa capitale Rakka ?           Via Comité Valmy

Dans la nuit de samedi à dimanche, les habitants de Rakka, ville considérée comme la capitale de Daesh, se sont soulevés contre l’occupant, ont hissé des drapeaux syriens dans 5 quartiers de la villes. En résultat de quoi, 200 membres du groupe extrémiste sont passés du côté de la population. Est-ce la fin du projet « état islamique » ?

Le projet « état islamique » prend sérieusement l’eau. Dans l’ensemble, le cessez-le-feu, malgré les provocations de la Turquie, est respecté. La Russie organise l’aide humanitaire et des négociations avec les différents groupes d’opposition.

Mais ce qui peut réellement être décisif, c’est l’élan populaire soulevé par le processus. Ainsi, dans le ville de Rakka, désignée comme sa capitale par le groupe état islamique, la population s’est soulevée contre les occupants.

Dans la nuit de samedi, la population de la ville s’est soulevée et a fait reculer les extrémistes dans plusieurs quartiers de la ville. Des drapeaux syriens, en soutien à l’armée régulière, ont été hissés dans Rakka. 200 membres du groupe islamiste sont passés du côté de la population. La situation est à ce point instable pour l’état islamique, qu’ils furent obligé d’instaurer des check point à l’entrée de la ville.

Encore un signe de l’affaiblissement réel de la structure extrémiste. Surtout lorsque les désertions s’accélèrent, comme à Deir Ezzor. Est-ce pour cela que les Etats Unis commencent à construire deux bases aériennes, une à la frontière irakienne et l’autre à la frontière avec la Turquie. Officiellement, il s’agit de ravitailler les kurdes en armements.

D’un point de vue stratégique, il s’agit surtout d’une réorientation de la politique américaine dans la région. L’essentiel pour les Etats Unis, ce sont … les intérêts des Etats Unis. Pas la lutte contre le terrorisme. Pas l’amitié américano-turque. Ou autres. Sauf lorsque cela entre dans le cadre de l’intérêt américain pour garder – ou reprendre – prise dans la région. L’intervention russe et la gestion de la sortie de crise place la Russie sur le devant de la scène. Il leur fallait réagir face à l’échec du projet état islamique.

par Karine Bechet-Golovko
lundi 7 mars 2016 L’état

Russie politics

Plan saoudo-sioniste

Le plan saoudo-sioniste contre le Hezbollah :
intimidation ou réalité ?      Via Comié Valmy.

Immédiatement après sa défaite au Liban en 2000, Israël a commencé à chercher la riposte qui compenserait son échec face au Hezbollah. Pour cela, il a organisé la première « Conférence d’Herzliya », puis a exécuté une série d’actions hostiles contre la région, avant d’en arriver à sa guerre contre le Liban en 2006 ; une agression sur laquelle ont misé les tenants du projet américano-sioniste comme point de départ de la création d’un Moyen-Orient contrôlé par les États-Unis où il n’y aurait plus place pour la Résistance et tous ceux qui pourraient y songer [1]. Mais le combat héroïque du Hezbollah a dissipé ses rêves hostiles. Il est sorti victorieux de cette guerre, instaurant les bases d’’une « dissuasion active » douloureuse pour Israël.

L’une des conséquences de cette victoire de 2006 fut le virage des planificateurs de ce projet d’occupation colonisatrice vers la stratégie dite du « soft power », telle qu’adoptée par les Forces de l’OTAN en 2010, avec pour résultat l’incendie catastrophique présenté par l’Occident comme un « printemps arabe » qui est, en réalité, un printemps américano-sioniste censé anéantir l’« Axe de la Résistance » à partir de sa citadelle centrale : la Syrie.

Mais malgré la multiplication des plans et les stratégies successives, la Syrie, l’Axe de la Résistance et dernièrement, la Russie, ont réussi à créer une nouvelle donne fondée sur trois constats :

-  L’agression est incapable d’atteindre ses objectifs, la Syrie étant reconnue une et indivisible.

-  Le poids militaire et stratégique de l’Axe de la Résistance est désormais plus important qu’il ne l’était il y a cinq ans.

-  Le temps joue en faveur de la Résistance, le camp des agresseurs de la Syrie pouvant obtenir, aujourd’hui, davantage que ce qui lui resterait demain.

D’où la terrible déception et l’horrible frustration des agresseurs et de leurs alliés, chacun étant condamné à choisir la voie susceptible de limiter ses pertes et éventuellement d’inverser la donne au moment opportun. Ce qui explique la dispersion des prises de position et la discorde devenue la caractéristique dominante au sein de leur camp, divisé entre réalistes et ceux qui refusent les faits accomplis. Dans cette dernière catégorie se situent l’Arabie saoudite et Israël couverts par les États-Unis, lesquels président pourtant la catégorie des réalistes se dirigeant vers une solution politique.

L’Arabie Saoudite a jugé que son échec en Syrie s’ajoutait à tous les autres dans la région, ce qui anéantit son espace stratégique vital et conduit inévitablement à la perte de sa capacité de contrôler les décisions du monde arabe et musulman.

Quant à Israël, cet échec signifie la fin d’un rêve auquel il a travaillé depuis au moins quinze ans, celui d’anéantir le Hezbollah et de démanteler l’Axe de la Résistance. Ce, d’autant plus que cet échec coïncide avec le renforcement des capacités militaires du Hezbollah, au point de lui permettre d’atteindre une nouvelle équation de dissuasion stratégique mettant lsraël dans l’incapacité de mener, à lui seul, une guerre victorieuse contre lui.

Et pour couronner le tout et exacerber l’amertume des uns et des autres, voici que la question syrienne prend le chemin d’une solution politique qui risque, au cas elle est appliquée par toutes les parties, de consacrer les bénéfices des gagnants et les défaites des perdants avec quelques cadeaux de compensation qui rendraient l’échec moins cuisant.

Un contexte qui a poussé Saoudiens et Israéliens à tenter de renverser la situation et à revenir sur le terrain pour compenser ces pertes et atteindre leurs objectifs en totalité ou en partie, d’où l’alliance israélo-saoudienne déclarée publiquement, après avoir été longtemps secrète, sans aucun égard envers les Palestiniens, les Arabes et les Musulmans ; une alliance dont le plan se résumerait en quatre points :

Le premier point : Diabolisation du Hezbollah et de sa résistance afin de le cerner de tous les côtés en faisant croire qu’il constitue un danger pour le monde entier et ainsi réussir à créer les conditions d’une coalition internationale contre lui, semblable à celle formée contre Daech [EIIL ou EI]. Dès lors, Israël pourra faire partie de cette coalition et, par conséquent, n’aurait plus à assumer seul la charge de le combattre et échapperait à la récente équation de dissuasion stratégique qu’il lui impose. Dans ce but, les deux alliés se seraient partagés les tâches.

L’Arabie saoudite s’est chargée de le faire passer pour une organisation terroriste sous prétexte qu’il représente « une menace pour la sécurité nationale arabe ». Elle a commencé à y travailler au niveau local avant d’aller au Conseil de Coopération du Golfe [CCG] [2], puis au Conseil des Ministres arabes de l’Intérieur [3]. Elle devrait poursuivre sa quête au Sommet arabe prévu en avril prochain, puis à l’Organisation des Nations Unies.

Quant à Israël, sa tâche a surtout consisté à se concentrer sur la menace que le Hezbollah représenterait pour « la population civile israélienne et pour la stabilité du Moyen-Orient » [4], d’où ses déclarations sur ses capacités offensives de 41.000 combattants hautement expérimentés et de 100.000 mille missiles dont la portée serait de 10 à 350 kilomètres.

Le deuxième point : Explosion de la situation sécuritaire libanaise et ouverture de plusieurs fronts contre le Hezbollah, associées à la coupure de ses moyens et renforts, d’où l’escalade dans le ton du discours politique à son encontre et l’acheminement d’armes vers le Liban.

Faisait partie de cette opération le cargo arraisonné actuellement en Grèce, puisque parti de Turquie, il se dirigeait vers Tripoli [Liban] avec, à son bord, 6000 armes à feu dont des fusils de précision sophistiqués et 45 tonnes de munitions et d’explosifs [5]. Et, d’une certaine manière, l’annulation du « don » saoudien à l’armée et aux forces de sécurité libanaises [3+1 milliards de dollars, NdT] fait aussi partie de cette même opération, afin de les priver des moyens nécessaires au rétablissement de la sécurité une fois la déstabilisation réussie [6].

Le troisième point : Déclenchement de la guerre contre le Hezbollah après création d’une large coalition internationale semblable à celles que nous avons connues au cours des trois dernières décennies, à commencer par celle levée pour libérer le Koweït de Saddam Hussein jusqu’à la prétendue coalition, toujours menée par les États-Unis, contre Daech ; l’idée des concepteurs de ce projet israélo-saoudien étant qu’une telle coalition infligerait au Hezbollah une longue guerre qui l’épuiserait à défaut de l’exterminer.

Le quatrième point : Torpillage de toute solution politique en Syrie en la reportant et en posant des conditions préalables inacceptables jusqu’à la fin du mandat présidentiel d’Obama, dans l’espoir de voir revenir les Républicains avant concrétisation de tout accord. Dès lors, il serait beaucoup plus facile de discuter du dossier syrien et de tous les autres, dont celui du Hezbollah. D’où l’obstination du ministre saoudien des Affaires étrangères à bloquer la solution envisagée en se cramponnant à la destitution du Président syrien.

La phase initiale de ce projet, développé par le régime sioniste en Israël, est actuellement mise à exécution par l’Arabie Saoudite qui use de toutes ses capacités médiatiques, financières et politiques. Malgré cela, nous écartons la possibilité que le plan saoudo-sioniste puisse réussir et aller au-delà de ce stade, car les évolutions sur le terrain syrien et régional ainsi que les cartes des relations internationales et régionales ne lui prédisent pas le succès. En effet, il suffit de rappeler les échecs successifs des plans saoudiens en Irak, en Syrie, au Yémen et au Liban, ainsi que l’échec de leur coalition arabe, de leur coalition islamique et dernièrement le refus d’obtempérer des Ministres de l’Intérieur des principaux États arabes [7], pour dire que la folie saoudienne ne le mènera pas vers le succès.

Quant à Israël, il pourrait se considérer gagnant quel que soit le dénouement, puisqu’il lui suffit de glaner les bénéfices de la « normalisation avec les arabes » avec lesquels il se retrouverait dans une même tranchée contre le Hezbollah, vu comme l’ennemi qui l’a forcé à dépenser 80% de son revenu national pour sa défense et sa sécurité.

Reste que le plus dangereux est que cette alliance dite « israélo-arabe » puisse tourner la page de la question palestinienne et mener à l’abandon de la Palestine par les arabes, alors que nous croyons que le Hezbollah prépare pour chaque situation la réponse qui lui convient afin d’offrir à ceux qui le soutiennent la victoire qu’ils méritent.

Amin Hoteit
07/03/2016
Mise en ligne CV : 8 mars 2016

Source : Al-Thawra [Syrie]
http://thawra.sy/_kuttab.asp ?FileName=42100984920160306222201

Article traduit de l’arabe par Mouna Alno-Nakhal